Paracha Berechit

 

Avec le récit de la Création par lequel débute notre Sidra, nous reprenons le cycle de nos lectures hebdomadaires, interrompues depuis quelques semaines par la succession des solennités de TICHRI. Durant ces premiers chapitres du Livre de la Genèse, nous assistons à l’énumération des différents éléments composant l’univers, depuis sa création ex-nihilo, en passant par celle des cieux et de la terre, jusqu’à son couronnement, celui de la formation de l’homme, placé au sommet de cette architecture cosmique.

La sainte institution du CHABBAT constituera alors l’aboutissement de six jours de travail. De toute l’œuvre de la Création, l’homme occupe donc la place la plus éminente et le texte vient décrire très longuement ses premières heures sur la terre ainsi que la faute à laquelle il va se laisser entraîner.

Nos Sages expliquent l’importante position qu’occupe l’Homme dans l’Univers, par le fait que celui-ci fut créé uniquement pour permettre au premier d’entre eux, ADAM et plus tard à ses descendants, de servir le Créateur et de Lui rendre hommage. En effet, au sixième jour de la Création il est écrit : « Et D.ieu vit tout ce qu’il avait fait, et voici, c’était très bien. » (Genèse 1, 31).

Pour quelle raison, demandent les commentateurs, fallait-il répéter à plusieurs reprises que « c’était très bien » ? A cela ils répondent que les autres êtres vivants ne furent créés qu’en fonction de l’homme, celui-ci devant dominer tous les autres êtres animaux. L’homme, ainsi placé au centre de la Création a donc un rôle de premier plan à assumer. Le Talmud se pose en effet la question : « Pourquoi D.ieu créa-t-il un seul être humain ? (Sanhedrin - chapitre 4, michna 5). C’est pour nous montrer la grandeur divine, car lorsqu’un homme utilise un poinçon pour frapper des pièces de monnaies, elles sont toutes identiques, tandis que D.ieu modèle des êtres humains à l’image du premier homme sans qu’un l’un ressemble à l’autre. De ce texte talmudique, on doit tirer la leçon suivante : « Chacun doit se dire : c’est pour moi que le monde fut créé. » Chaque homme représente l’Univers tout entier, d’où la valeur unique qu’il possède.

Cela ne signifie pas pour autant que nous puissions agir à notre guise et uniquement pour ménager nos intérêts personnels, comme si rien d’autre au monde n’existait, mais bien au contraire, nous devons toujours avoir présente à l’esprit l’idée selon laquelle notre action, dans quelque domaine que ce soit, peut être déterminante pour le bien de l’humanité. Quand on méconnaît le bien-être d’autrui en adoptant une attitude égoïste, on doit malgré tout se poser la question relative aux conséquences qu’une telle attitude pourrait avoir pour effet.

Refuser de coopérer au bonheur de l’humanité, comme trop de nos contemporains ont tendance à le faire, c’est tôt ou tard, risquer notre propre destruction. Tel sera le sens que nous donnerons à la question posée à la question à ADAM après sa faute, tandis qu’il tentait de se cacher et que D.ieu lui demandait : « Où es-tu ? » Pareille question s’adresse à chacun d’entre nous, chaque jour. Aussi longtemps qu’un homme s’interrogera sur le bu à atteindre ici-bas, en se disant : Où suis-je, où vais-je ? », autrement dit, aussi longtemps que nous aurons conscience de la mission qui nous incombe, celle consistant à faire le bien sur terre, nous assumerons fidèlement le rôle que D.ieu nous a assignés dès l’origine, et chacun, à notre modeste place, nous aurons ainsi coopéré au parachèvement de l’œuvre des six jours de la Création.

 

Alain Goldmann

Grand Rabbin

Col.fr


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