Pourquoi étudier le moussar ?
De la nécessité d’étudier moussar aujourd’hui.
Pourquoi étudier du moussar ?
La halah’a ne suffit-elle pas ? Apparemment non, et la preuve c’est qu’il est possible d’être grands et de fauter avec nos connaissances. Comme il est dit : « S’il mérite elle sera pour lui un élixir de vie, s’il ne mérite pas elle sera un poison ».
La Thora peut être un poison ? Oui, il n’y a qu’a voir Korah, qui s’est retourné contre moche à cause du Roah’ hakodesh, comment le Rouah’ hakodesh peut entrainer un homme dans le mal ? S’il est mal utilisé. Mécanisme déréglé.
Par qui ? Nos Midoths, la Thora est droite et équilibrée c’est nous qui sommes tordus, comme une montre déréglée. Cependant, on peut quand même utiliser une montre déréglée si on sait de combien elle est déréglée.
Le déréglage correspond à ce qu’on appelle : « Néguiot » ce qui correspond aux parties de notre esprit qui appartiennent à nos désirs. Ce sont des parties du mécanisme qui marchent de façons indépendantes, c’est pour cela que tout se déréglé. A l’origine de ce disfonctionnement une multitude de causes : Prédispositions naturelles, éducation, climat, fréquentation, expérience etc. Tout cela crée « les néguiots » La « Néguya » est le fruit de la « Pétiyout », ce mot sert de racine à deux autres : « séduction » et « imbécile ».
Ces mots sont effectivement liés, il faut être imbécile pour se laisser séduire, car séduire un intelligent qui nous voit venir, c’est mission impossible.
Comment séduire ? Il s’agit de montrer tous les bons côtés de cette entreprise, et de cacher tout les inconvénient. C’est surtout en cachant les défauts que ca marchera, c’est là que l’idiotie est d’un grand secours car des bon côtés il y en a toujours.
Qui est le séducteur ? En premier lieu, un vieille connaissance : Le yetser hara. Il sait très bien exploiter notre mode de fonctionnement : « Moustique attiré par la lumière, qui se fiche des fils des électriques » Un mode de comportement que l’on utilise trop souvent. Il y a aussi : Notre idiotie naturelle. Qui veut aussi que là où l’envie se trouve, la réflexion déserte. En effet le « bon » et le « mauvais » ne correspondent pas au « bien » et au « mal », il est important de se rendre compte que le « bon » ne signifie pas le « bien ».
Exemple : Un poison entouré de miel, il dispose de deux facettes, une) le miel – « bon » et l’autre) le poison – « mal ». Le poison ne nous intéresse pas, c’est pour le miel qu’on est là ! Il est certain que si l’on sait que ce miel contient du poison, après calcul simple et rapide on se rendra compte que le « bon » du miel ne fait pas le poids avec le « mal » du poison, mais vu que le yetser ne nous montre que le bon côté…..
Dans ce cas comment espérer se régler ? Comment juger notre intelligence avec elle même si on sait qu’elle est faussée ? On ne peut même pas utiliser l’intelligence des autres, elle est elle aussi faussée.
Solution : On est bien obligé d’utiliser un élément neutre et impartial –Totalement équilibré. Tout ce qui existe sur terre est imparfait, et son défaut correspondra lui aussi à un déréglage. Il n’y a qu’une solution, il y en a qu’un de parfait : D.
Mais comment le comprendre, comment nous autres limités pouvons comprendre l’illimité ? C’est pour cela que D. créa la Thora qui sert d’intermédiaire entre le limité et l’illimité, elle est le pont entre notre esprit et l’expression divine. La fusion va plus loin, car la Thora nous demande un comportement qui correspond à ce qu’elle exprime (il est certain que le sens de ce comportement nous échappe, car dans le cas contraire la Thora ne servirait à rien, cependant il faut bien finir par comprendre, c’est la notion de « nous ferons et nous comprendrons »).
Suffit-il alors d’étudier les Halahots ? Non bien sur, de même que lire un livre sur la musique n’a jamais transformé personne en musicien, lire et apprendre comment se comporter ne suffit pas, faut-il encore appliquer. « N’est-il besoin que de délibérer, la cours de conseillers foisonne, faut-il appliquer, il n’y a plus personne » disait la fable. Il est bien sur indispensable d’être volontaire et sincère, sinon on risque de se retrouver avec l’effet inverse, un esprit tordu et justifié, avec en supplément une Thora tordue – mauvais mélange, totalement indigeste.
Tout commence par un travail sur l’humilité. Un des éléments fort de l’humilité (qui est un état d’esprit et une façon de voir le monde) c’est ne pas considérer le travail déjà accompli, et de ce focaliser que sur ce qu’on peut faire (c’est bien l’inverse de l’orgueilleux qui ne fait rien, parce qu’il pense en avoir déjà assez fait). Dans cet état d’esprit on part sur de bonnes bases pour se faire « régler » Pour affiner le réglage, car connaître les grandes lignes ne suffisent pas, les sages du moussar développèrent deux techniques :
1. l’auto-bilan, appelle « Heshbon Hanefesh »
2. Le travail sur la Passion, appelle « Hitpaalout ».
Au cour d’une étude de moussar on fait que ce qu’un technicien fait au cours d’un contrôle technique : « Un check-up » de l’esprit et des sentiments. C’est nécessaire, ce n’est pas parce qu’une voiture roule qu’elle est sure. De même, un esprit qui se laisse aller peut avoir l’impression qu’il va bien pendant que sa mécanique est en train de se détruire, lorsque ca cassera, ça sera trop tard. Ce travail est long, « le sage à dit : j’ai mis vingt-cinq ans à vérifier mas actes » (Hovot Halevavot).
Il ne s’agit pas du temps passé à travailler sur sois, mais du temps qu’il lui a fallu pour savoir de combien sa montre retardait.
Blog de Rav Cohen Avi
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